On me demande souvent quel est l’élément qui peut, à lui seul, transformer une pièce. Ma réponse est quasi systématique : le miroir ancien. Plus qu’un simple objet utilitaire, c’est une fenêtre sur le passé qui apporte de la profondeur, de la lumière et une âme incomparable à votre décoration.
Aujourd’hui, je vous ouvre les portes de mon atelier (et mes archives de chineur) pour vous aider à y voir plus clair.
Les 4 types de miroirs les plus recherchés
Dans le monde de la brocante et de l’antiquité, certains modèles restent des valeurs sûres. Voici ceux que je croise le plus souvent et qui font toujours battre le cœur des passionnés :
- Le Miroir Louis-Philippe : Mon préféré pour habiller une cheminée. C’est le chouchou des intérieurs modernes. On le reconnaît à ses angles supérieurs arrondis et sa base droite. Souvent doré à la feuille d’or ou d’argent, il est sobre, élégant et s’adapte partout.
- Le Miroir à Parcloses : Un vrai travail d’orfèvre. Il se compose d’une glace centrale entourée de petits morceaux de miroir (les parcloses) fixés sur le cadre. C’est le roi de l’époque XVIIIe, parfait pour donner un aspect majestueux à un salon.
- Le Miroir Trumeau : Placé à l’origine au dessus d’une cheminée, il s’agit d’un ensemble en bois sculpté comprenant une glace dans la partie basse et, souvent, une peinture ou un bas-relief dans la partie haute.
- Le Miroir Soleil : Très en vogue dans les années 50 et 60 (notamment avec l’emblématique miroir de sorcière). En rotin ou en métal doré, il rayonne littéralement sur un mur et apporte une touche vintage irrésistible.
Ancien ou récent ? Apprendre à faire la différence
C’est la question cruciale. Avec les reproductions industrielles de plus en plus réussies, il est facile de s’y tromper. Voici mes quatre astuces de terrain, pour débusquer le vrai du faux :
1.Le test du tain (le reflet)
Sur un miroir ancien (pré-1900), on utilisait du mercure ou de l’argenture artisanale.
- L’indice : cherchez des « piqûres » ou des petites tâches noires. Si elles semblent naturelles et irrégulières, c’est bon signe.
- Le petit plus : le reflet d’un miroir ancien est souvent plus « chaud » et un peu moins net qu’un miroir moderne parfaitement lisse.
2.Le dos du miroir (le parquetage)
N’ayez pas peur de retourner l’objet ! Un miroir authentique est presque toujours protégé à l’arrière par des planches de bois brut (le parquetage).
- Si vous voyez un panneau de contreplaqué, du carton ou du plastique, vous êtes face à une copie contemporaine.
3.Les traces de fabrication
Regardez le cadre de près :
- Les assemblages : sur l’ancien, les chevilles en bois sont souvent visibles.
- La dorure : la dorure à la feuille d’or laisse apparaître de légères lignes de raccord entre les feuilles (les « coutures »), contrairement à une peinture dorée à la bombe qui sera parfaitement uniforme.
4.Le test « du doigt »
Vous pouvez également tester le miroir en lui même, car le cadre peut être ancien mais la glace en elle-même a pu être changée.
Je vous expliquais ce petit truc déjà dans ma « p’tit astuce » numéro 4 (ici)… En bref, il faut vérifier si un décalage se crée entre le miroir et votre doigt lorsque vous posez ce dernier sur la surface. Si votre doigt touche son reflet, alors le miroir n’est pas ancien.
Mon conseil d’expert : Ne cherchez pas la perfection. C’est justement dans ses petits défauts, une dorure un peu usée par le temps ou un tain légèrement piqué par exemple, que le miroir ancien puise toute sa valeur esthétique.
J’espère que ces conseils vous aideront lors de vos prochaines escapades en brocante ou sur la boutique en ligne ! Un miroir n’est pas qu’un objet, c’est un morceau d’histoire qui s’invite chez vous, et en accumulation, c’est un vrai parti-pris décoratif !



